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Nora, satisfaite d’avoir retrouvé cette fois son chemin sans difficultés, fit signe à Pendergast et O’Shaughnessy de pénétrer dans le local des archives.

À peine entré, Pendergast s’arrêta pour respirer à pleins poumons l’air poussiéreux et confiné qui régnait dans l’antre de Reinhart Puck.

— Ah ! Le doux parfum de l’histoire ! Allez-y, sergent, humez cette merveille.

Les mains en avant tel un somnambule, il semblait se réchauffer à la chaleur des vénérables trésors qui l’entouraient.

Puck s’avança en dodelinant de la tête. Il s’épongea le crâne à l’aide d’un mouchoir qu’il remit ensuite maladroitement dans l’une de ses poches. La vue de l’agent du FBI semblait l’enchanter et l’inquiéter tout à la fois.

— Professeur Pendergast, s’écria-t-il. Je ne crois pas avoir eu le plaisir de vous revoir depuis... voyons un peu, depuis les tragiques événements de 1995. Avez-vous pu vous rendre en Tasmanie comme vous en aviez l’intention ?

— Tout à fait, merci de vous être souvenu de ce détail. Un voyage qui a grandement contribué à enrichir mes connaissances sur la flore australienne.

— Et comment vont vos... euh, affaires ?

— Fort bien, fort bien. Laissez-moi vous présenter le sergent O’Shaughnessy.

Le policier sortit de l’ombre de Pendergast et le visage de Puck se voila aussitôt.

— Oh, mon Dieu ! Comme vous le savez, le règlement est très strict et toute personne étrangère au Muséum...

— Je me porte garant du sergent, l’interrompit Pendergast d’une voix autoritaire. Il s’agit d’ailleurs d’un représentant éminent de la police de New York, il a donc toute sa place ici.

— Très bien, très bien, fît Puck sans enthousiasme, tout en repoussant les nombreux verrous de la double porte. Je vous demanderai à tous de bien vouloir inscrire vos noms et prénoms sur le registre.

Se retournant en direction de la salle, il ajouta :

— Je vous présente monsieur Gibbs.

Oscar Gibbs fît un petit salut général. C’était un Afro-américain court et trapu, le crâne rasé de près. De constitution étonnamment robuste pour un homme de sa taille, il avait la carrure d’un billot de boucher. Il était couvert de poussière et donnait l’impression de n’apprécier que modérément l’honneur de se trouver là.

— Monsieur Gibbs a eu la gentillesse de tout installer pour vous dans la salle d’étude, reprit Puck. Mais avant de nous y rendre, n’oublions pas les formalités d’usage.

Ils signèrent le registre avant de suivre leur guide dans les méandres des archives du Muséum. Comme il l’avait déjà fait lors de la visite de Nora, Puck allumait et éteignait les lumières au fur et à mesure de leur progression, actionnant ici et là des interrupteurs antédiluviens. Au terme d’un cheminement interminable, ils atteignirent une porte munie d’une vitre grillagée que Puck s’employa longuement à ouvrir dans un tintement de clés avant de s’effacer pour laisser entrer Nora. Les lumières s’allumèrent et la jeune femme retint un cri d’étonnement.

De splendides panneaux de bois poli recouvraient les murs depuis le sol de marbre jusqu’aux moulures alambiquées d’un plafond rococo. Trois énormes tables en chêne, ornées de pattes de lion, trônaient au centre de la pièce, que venaient compléter des sièges recouverts de cuir rouge. Des lustres de cuivre, lourdement chargés de pendeloques de cristal, éclairaient chacune des tables. Toute une série d’objets hétéroclites avaient été disposés sur deux d’entre elles, tandis qu’un amas de boîtes, de livres et de vieux papiers encombrait la troisième. Une grande cheminée de brique, habillée de marbre rose, se dressait à l’autre extrémité de la pièce.

— Quel endroit extraordinaire ! s’exclama Nora, troublée par la majesté intemporelle du lieu.

— C’est ma foi vrai, approuva Puck. L’une des plus belles pièces du Muséum, en vérité. Elle date d’une époque où les recherches historiques et scientifiques se trouvaient encore au centre des préoccupations des conservateurs.

Il soupira longuement avant de poursuivre :

— O tempora, o mores. Les temps changent, comme on dit. Je vous demanderai de vous débarrasser de vos stylos et autres accessoires d’écriture avant de passer ces gants en tissu pour manipuler ces objets. J’aurai, également besoin de votre attaché-case, professeur.

Il jeta un regard désapprobateur à l’arme de service et aux menottes pendant à la ceinture de O’Shaughnessy, mais préféra ne rien dire.

Chacun déposa sur un plateau crayons et stylos. La première, Nora enfila une paire de gants immaculés bientôt imitée par ses compagnons.

— Je vous abandonne à présent. Lorsque vous en aurez terminé, il vous suffira de m’appeler à l’aide de ce téléphone. Mon poste est le 42 40. Si vous souhaitez faire des photocopies, je vous demanderai de bien vouloir remplir ces formulaires.

La porte se referma doucement sur le vieil homme et ils entendirent une clé tourner dans la serrure.

— Vous voulez dire qu’on est enfermés ici ? demanda O ‘Shaughnessy.

Pendergast hocha la tête.

— M. Puck ne fait qu’appliquer le règlement.

O’Shaughnessy alla s installer dans la partie la plus sombre de la pièce. Quel drôle de type, se dit Nora. Aussi imperturbable qu’impénétrable, mais plutôt beau garçon si on aime le type irlandais. Pendergast semblait l’apprécier. O’Shaughnessy, de son côté, n’aimait visiblement personne.

L’inspecteur, les mains derrière le dos, commençait déjà à tourner lentement autour de la première table, observant les objets les uns après les autres. Puis il fit même avec la deuxième table avant de s’intéresser aux dossiers étalés sur la troisième.

— Commençons par jeter un œil sur l’inventaire dont vous m’avez parlé, fit-il à l’intention de Nora.

Celle-ci lui montra du doigt le document découvert la veille. Pendergast le saisit précautionneusement et attentivement avant de faire à nouveau le des tables, l’inventaire à la main.

— Ceci faisait autrefois partie des collections du cabinet Shottum, déclara-t-il en montrant du doigt un okapi empaillé, avant de désigner du menton la boîte en pied d’éléphant. Tout comme ceci. Idem pour ces trois cache-sexe masculins, ce baculum qui n’est qu’autre os de baleine, ou encore cette tête réduite jivaro. Tous ces objets ont été cédés à McFadden en contrepartie de ses lumières.

Il se baissa pour observer de plus près la tête réduite.

— Un faux. Il s’agit d’une tête de singe et non d’une véritable tsantsa. Professeur Kelly, ajouta-t-il en se tournant vers la jeune femme, auriez-vous l’amabilité de vous pencher sur ces documents pendant que j’examine ces objets ?

Nora s’installa à la troisième table où plusieurs boîte l’attendaient : une première, de dimensions modestes, renfermait la correspondance de Shottum ; une autre, nettement plus grande, ainsi que deux caisses, contenaient les archives de McFadden. Nora commença par la boîte consacrée à Shottum. Comme l’avait remarqué Puck la veille, il y régnait le plus grand désordre, et les quelques lettres qu’elle y trouva étaient toutes du même ordre : des questions sur la classification et l’identification de divers objets, mais aussi des polémiques avec d’autres scientifiques sur des sujets obscurs. Peut-être de quoi éclairer d’un jour nouveau l’état des connaissances en histoire naturelle à la fin du XIXe siècle, mais rien qui puisse les aider à résoudre l’affaire du charnier de Catherine Street.

À mesure qu’elle parcourait sa correspondance, Nora commençait à se faire une idée plus précise de J. C. Shottum : avec ses dadas inoffensifs, ses petites querelles et ses rivalités scientifiques, il semblait s’être intéressé exclusivement à l’histoire naturelle. Rien qui puisse désigner un tueur en série, mais on ne sait jamais, se disait-elle en feuilletant les documents qui sentaient le renfermé.

Ne trouvant rien à se mettre sous la dent dans les archives de Shottum, Nora passa aux deux caisses volumineuses réservées à la correspondance de Tinbury McFadden. Il s’agissait principalement de notes de la main de l’ancien administrateur du Muséum, rédigées d’une écriture en pattes de mouche : des listes entières de classifications de plantes et d’animaux, ou encore des croquis de fleurs dont certains ne manquaient pas de charme. Au fond de l’une des caisses, elle découvrit une épaisse liasse de lettres retenues par une ficelle qui tomba en poussière lorsqu’elle s’en empara : la correspondance de McFadden avec de nombreux scientifiques et collectionneurs. Passant les lettres en revue, elle finit par en trouver plusieurs émanant de Shottum. Elle lut la première :

Mon cher et estimé collègue,

Je vous transmets par la présente une curieuse relique probablement originaire de l’île de Kut, au large de la côte de l’Indochine. Il s’agit d’un primate en plein coït avec une déesse hindoue, sculpté dans une dent de phoque. Oserais-je vous demander d’identifier pour moi ce primate ?

Votre collègue,

J. C. Shottum.

Le courrier suivant n’était guère différent :

Mon cher collègue,

Lors de notre dernière réunion au Lycéum, le professeur Blackwood nous a présenté un fossile, prétendant qu’il s’agissait de crinoïdes du dévonien provenant des dolomites de Montmorency. Le Professeur se trompe lourdement.

LaFleuve lui-même a pu prouver que les dolomites de Montmorency dataient du permien, de sorte qu’il me semble indispensable de publier une rectification à ce sujet dans le prochain Bulletin du Lycéum...

Nora examina attentivement le reste de la correspondance. On y trouvait des lettres échangées avec toute une coterie de scientifiques, au nombre desquels figurait Shottum. Tous se connaissaient visiblement bien et Nora se demanda si le tueur en série aurait pu être l’un d’entre eux. C’était d’autant plus envisageable que l’assassin était nécessairement un familier du Cabinet Shottum, à défaut d’être Shottum en personne.

Elle décida de dresser une liste des correspondants de McFadden, indiquant pour chacun d’entre eux la nature de leurs recherches. Elle perdait probablement son temps, le meurtrier aurait tout aussi bien pu être le gardien de l’immeuble ou le charbonnier. C’est alors que Nora se souvint des marques de scalpel retrouvées sur les ossements, de la manière quasi chirurgicale dont les corps avaient été découpés. Non, il ne pouvait décidément s’agir que d’un homme de science.

Prenant son calepin, elle s’attela à la tâche.

Courriers échangés avec Tinbury McFadden :

Correspondant/Sujet de la correspondance/Profession/ Dates de la correspondance

J. C. Shottum/Histoire naturelle, anthropologie, le Lycéum/Propriétaire du Cabinet de curiosités et d’éléments naturels Shottum, New York/1869-1881

Professeur Albert Blackwood/Le Lycéum, le Muséum/ Fondateur du Muséum d’histoire naturelle de New York/ 1865-1878

Docteur Asa Stone Gilcrease/Omithologie/Omitholo-gue, New York/1875-1887

Colonel Henry C. Throckmorton, Baronet, membre de l’Académie des sciences/Mammifères africains (gros gibier)/Collectionneur, explorateur et sportif, Londres/ 1879-1891

Professeur Enoch Leng/Classification des espèces/ Chimiste et spécialiste en taxinomie, New York/ 1872-1881

Mademoiselle Guenevere LaRue/Missions chrétiennes de Borrioboola-Gha, Congo/Philanthrope, New York/1870-1872

Dumont Burleigh/Fossiles de dinosaures, le Lycéum/ Chercheur de pétrole et collectionneur, Cold Spring (New York)/1875-1881

Docteur Ferdinand Huntt/Anthropologie, archéologie/Chirurgien et collectionneur, Ovster Bay (Long ïsland)/1869-1879

Professeur Hiram Howlett/Reptiles et amphibiens/ Spécialiste en kerpétologie, Stormhaven (Maine) /187Î-1873

À l’avant-dernier nom, elle prit le temps de réfléchir. Qui était donc ce docteur Ferdinand Huntt, chirurgien et collectionneur ? Il était l’auteur d’un certain nombre de lettres, rédigées d’une grande écriture difficilement déchiffrable sur un papier épais rehaussé d’armoiries gravées. Elle décida de toutes les lire.

Mon cher Tinbury,

En ce qui concerne les indigènes Odinga, je puis vous confirmer que les rites masculins liés à l’accouchement, pour barbares qu’ils soient, constituent une pratique courante chez ces peuplades. Lors de mes séjours sur la Volta, j’ai eu le triste privilège d’être le témoin d’une naissance. Je ne fus pas autorisé à y assister en personne, bien évidemment, mais les hurlements du mari me parvenaient distinctement lorsque son épouse tirait, à chaque contraction, sur la corde fixée aux parties génitales de cet homme. Par la suite, j’ai même été amené à traiter les blessures du malheureux qui avait été gravement lacéré...

Mon cher Tinbury,

Le phallus de jade d’origine olmèque que je joins à la présente provient de LaVenta, au Mexique. J’en fais don au Muséum, car je crois n’avoir aperçu dans vos collections aucun objet issu de cette extraordinaire culture mexicaine...

Toutes les lettres échangées entre Huntt et McFadden étaient du même acabit ; lorsqu’il ne faisait pas référence à quelque objet envoyé au Muséum, le docteur y décrivait des pratiques médicales inhabituelles dont il avait été le témoin au cours de ses voyages en Amérique centrale et en Afrique. Il semblait porter un intérêt tout particulier, presque malsain, aux pratiques sexuelles indigènes, faisant de lui un suspect de choix aux yeux de Nora.

Sentant une présence derrière elle, elle se retourna d’une pièce. Impassible, les mains derrière le dos, Pendergast lisait par-dessus son épaule la liste qu’elle venait d établir. À la lecture de l’un des noms, son visage se brouilla le temps d’un éclair et Nora en eut la chair de poule.

— Vous avez une façon très désagréable de vous glisser derrière les gens, fit-elle d’une voix troublée.

— Vous trouvez des choses intéressantes ?

Pendergast posait la question pour la forme, Nora en était convaincue. Elle avait l’intuition que quelque chose dans ses notes avait éveillé son attention. Quelque chose d’effrayant qu’il n’était pas prêt à partager avec elle.

— Rien de probant. Avez-vous déjà entendu parler de ce docteur Ferdinand Huntt ?

Pendergast jeta sur la liste un coup d’œil distrait. Alors qu’il se tenait penché au-dessus d’elle, Nora nota brusquement qu’aucune odeur ne se dégageait de sa personne : ni tabac ni eau de toilette, rien.

— Huntt, finit-il par dire. En effet. Une famille importante du North Shore. Huntt était l’un des premiers donateurs du Muséum.

Il se redressa.

— De mon côté, j’ai fait le tour des objets qui se trouvaient à ma disposition, à l’exception de cette boîte taillée dans un pied d’éléphant. Accepteriez-vous de m’aider ?

La jeune femme le suivit vers la table où les anciennes collections de Tinbury McFadden formaient un étalage disparate. Le visage de Pendergast avait retrouvé son impassibilité. Le sergent O’Shaughnessy, l’air toujours aussi dubitatif, s’avança.

Debout, ils regardaient religieusement ce pied d’éléphant incongru avec ses charnières de cuivre.

— Bon, c’est un pied d’éléphant. Et alors ? fit O’Shaughnessy.

— Pas n’importe quel pied d’éléphant, sergent, lui répondit Pendergast. Un pied d’éléphant transformé en boîte. Une pratique relativement courante chez les collectionneurs et autres amateurs de safari de la fin du XIXe. Un fort beau spécimen, ma foi, bien qu’un peu usé.

Il se tourna vers Nora.

— Sommes-nous prêts à l’ouvrir ?

Pour toute réponse, Nora souleva le couvercle de la boîte après en avoir dégrafé les charnières. La peau gris passé de l’animal était rugueuse sous ses doigts. Une odeur nauséabonde s’échappa de la boîte. Elle était vide !

Nora jeta un regard à Pendergast. S’il était déçu, il n’en laissait rien paraître.

Le petit groupe conserva le silence un long moment. Pendergast se pencha alors sur la boîte ouverte qu’il examina minutieusement. À l’exception de ses yeux bleu clair scrutant le moindre recoin, il se tenait parfaitement immobile. Il avança la main pour passer ses doigts sur la surface de la boîte, appuyant ici et là, s’intéressant à chaque centimètre carré de peau. Brusquement, un claquement sec retentit et un étroit tiroir jaillit de la partie inférieure du pied dans un nuage de poussière, faisant sursauter Nora.

— Très astucieux, murmura Pendergast, retirant du tiroir une grande enveloppe décolorée et légèrement tachée. Il la tourna et la retourna plusieurs fois entre ses mains afin d’en évaluer le contenu, puis il passa un doigt ganté sous le rabat et ouvrit l’enveloppe pour en retirer une liasse de feuilles couleur ivoire. Il les déplia lentement, lissant soigneusement la première.

Puis il commença à lire d’une voix impersonnelle.

[Aloysius Pendergast 03] La chambre des curiosités
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